• Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka

    "Nous les aimions, nous les haïssions..."

    Titre : Certaines n'avaient jamais vu la mer

    Auteur : Julie Otsuka

    éditeur : Phébus

    Genre : Historique, récits de vie d'après des faits réels

    Taille : 139 pages

    One shot

    Résumé :

     Nous sommes en 1919. Un bateau quitte l'Empire du Levant avec à son bord plusieurs dizaines de jeunes femmes promises à des Japonais travaillant aux États-Unis, toutes mariées par procuration.

    C'est après une éprouvante traversée de l'Océan pacifique qu'elles rencontrent pour la première fois à San Francisco leurs futurs maris. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui auquel elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.

    À la façon d'un chœur antique, leurs voix se lèvent et racontent leurs misérables vies d'exilées... leurs nuits de noces, souvent brutales, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l'humiliation des Blancs... Une véritable clameur jusqu'au silence de la guerre et la détention dans les camps d' internement – l'État considère tout Japonais vivant en Amérique comme traître. Bientôt, l'oubli emporte tout, comme si elles, leurs époux et leurs progénitures n'avaient jamais existé.

    Mon avis :

    C'est un livre à la fois intéressant d'un point de vue historique et culturel et déstabilisant de par sa narration en "nous" et tous ses sous-entendu qui révèle la violence d'une époque et d'une société dans laquelle la femme n'a pas son mot à dire et le racisme est omniprésent. Ce livre est assez court et il y a beaucoup de témoignages qui défilent les uns après les autres : "l'une travaillait aux champs toute la journée, l'autre dans une grande maison en tant que bonne, une autre encore, ayant moins de chance, n'a eu d'autre choix que de travailler dans les cartiers chauds..." On s'y perd parfois tellement les phrases se suivent. Parfois le lecteur est interpellé par certains mots en italique qui retranscrivent la pensée d'une de ces femmes de l'époque, restées anonymes.

    Ce livre ne plaira pas à tout le monde, j'en suis consciente, mais il a le mérite d'essayer de parler sans artifices d'une histoire bien réelle, une histoire de femmes fortes et déterminées qui n'ont jamais baissé les bras malgré la cruauté d'une société dans laquelle leur langue et leur culture n'étaient pas respectées à leur juste valeur. Le rythme du récit m'a paru par moment très lent et on ne s’attache à aucun de ces personnages anonymes car ils sont tous trop fugitifs et nombreux dans le récit qu'ils se ressemblent tous. De plus, la fin ne m'a pas convaincu car ce n'est pas une vraie fin. Je n'ai pas encore eu le courage de me renseigner pour savoir ce qu'il était vraiment advenu de toutes ces familles japonaises une fois la guerre terminée... 

    Si l'histoire en général ou la culture japonaise vous intéresse, je vous conseille ce livre. Si toutefois, vous n'avez pas une certaine curiosité pour ces sujets, passez votre chemin. 


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